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  • Photo du rédacteurJC Duval

Le temps du rêve

“Les Blancs changent sans arrêt le monde pour l’adapter à la vision fluctuante qu’ils ont de l’avenir.

Les Aborigènes mobilisent toute leur énergie mentale pour laisser le monde dans l’état où il était. En quoi cette conception est-elle inférieure ?”

Bruce Chatwin - naturaliste et voyageur anglais (1940 -1989)

 

Pendant ces vacances d'été, j'ai fait une belle rencontre, celle de Marc Yvonnou qui tient une galerie de peinture à Pont-Aven et qui est spécialisé depuis près de 30 ans dans l'art aborigène.

Le peuple aborigène est le tout premier à avoir sillonné le territoire australien, il y a plus de 50 000 ans, et l'art rupestre du continent australien est sans nul doute plus ancien que l'art pariétal européen, mais les peintures placées en extérieur ont malheureusement pour la plupart disparu.

A défaut d'écriture, les aborigènes utilisaient leurs dessins comme moyen de communication et de transmission, pour raconter des histoires, raconter leur histoire. Ils peignaient directement sur le sable [tel les hindous avec leur mandala], sur la paroi des rochers sacrés, voire sur leur propre corps.


Depuis l'arrivée des colons anglais à la fin du 18eme et plus encore depuis le début du 20eme siècle, les aborigènes ont subi une politique d'assimilation contrainte. En décalage complet avec leur mode de vie, leur organisation sociale, leur relation avec la terre, leur culture [the Dreaming], les aborigènes se retrouvent aujourd'hui parqués dans des centres avec des baraquements en tôle.


Au tout début des années 1970, le professeur d'art australien G. Bardon encouragea les habitants aborigènes du nord d'Alice Springs, à transposer leurs mythes sur des toiles ※🖌. L'art aborigène australien dit 'contemporain' était né, propulsant cette "peinture à points" sur l'avant-scène internationale.

Certes, on peut le voir comme un juste retour des choses, mais n'est ce pas non plus une marque supplémentaire d'assimilation de ce peuple au monde moderne ?

 

Abie Loy Kemarre

Nous sommes tous des visiteurs de ce monde. Nous ne faisons que le traverser. Après, nous rentrerons à la maison. Proverbe aborigène

Lors de mes échanges avec M Yvonnou, j'ai pu découvrir les différentes nuances pouvant être portées par la peinture aborigène et en particulier celle d'Abie Loy Kemarre qui s'est imposée comme l'une des artistes majeures de la 3eme génération des femmes peintres du centre de l'Australie. Elle utilise les signes et les symboles associés à la culture de ses ancêtres, tout en y apposant un style personnel.

Lorsque vous regardez ses toiles, les pointillés et les tracés procurent un caractère hypnotique à sa peinture. La vibration qui jaillit de ses dessins ne devrait certainement pas vous laisser indifférent.


Abie Loy Kemarre

Feuilles du bush par Abie Loy Kemarre

Extrait du film "des Hommes et des Rêves - Utopia" de Marc Yvonnou

Un entretien avec Stéphane Jacob, un autre expert français de l'art aborigène.

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