• JC Duval

Kezako : Nakamoto

'Au XVIIe siècle, un mot nouveau allait à la vitesse de la diligence. Aujourd’hui, tout va à la vitesse de notre technique, c'est à dire très vite.' A Rey - linguiste.

 

C'est quoi la blockchain ?


La blockchain, c'est une technologie numérique. Elle permet de stocker et de transmettre des informations de manière transparente et de façon sécurisée. Et surtout, elle fonctionne sans organe central de contrôle.


Tout l'intérêt de la blockchain réside autour de ce dernier point. Comme le web permet de diffuser librement de l'information sur le réseau internet, la blockchain permet de diffuser tout aussi librement de l'information à valeur probante sur le réseau de la blockchain. C'est ce qui a donné naissance entre autre au bitcoin et ouvert le champ des possibles en se libérant des contrôles étatiques ou autres.

C'est un avantage et mais c'est aussi un inconvénient car la blockchain a suscité et suscite encore une immense vague de spéculation, d'ignorance crasse et de fraude. L'usage des cryptomonnaies est souvent pointée du doigt par la lutte contre le blanchiment d'argent, la lutte contre le terrorisme ou la lutte contre l'utilisation mafieuse d'actifs.

 

Pourquoi "blockchain" ?


Avant tout, la blockchain est une base de données. Le registre n'est pas centralisé mais recopié en de multiples exemplaires sur ce que l'on appelle les nœuds du réseau de la blockchain. La blockchain est un modèle distribué au sein d’un réseau de participants et elle est continuellement mise à niveau. Chaque participant du réseau en possède la même version et le même contenu.

Les modèles centralisé, décentralisé et distribué.

Il existe 3 grandes catégories de blockchain :

Les blockchains dites publiques, où n’importe qui peut rejoindre le réseau et l’utiliser pour échanger avec d’autres participants. Les participants du réseau peuvent participer au processus de validation des transactions et sont « indemnisés » pour leur travail.

Les blockchains dites privées, où seuls certains participants sont autorisés à rejoindre et utiliser le réseau. Le rôle des participants est rigoureusement défini et contrôlé ; le processus de validation est plus simple et efficace que pour une blockchain publique, et il n’est généralement pas nécessaire de rétribuer les participants pour leur contribution.

Les consortiums qui peuvent être considérés comme des blockchains privées avec cependant des réseaux plus conséquents ; ce sont souvent des blockchains créés par des groupes d’entreprises, généralement du même secteur d’activité, souhaitant résoudre une problématique commune.


De manière générale, les modèles distribués permettent de se passer d’autorités de contrôle ou tiers de confiance dont le rôle principal est de certifier qu’une transaction est valide. C’est pour cette raison que l’on attribue un rôle disruptif à la Blockchain, et qu’on le qualifie souvent de système créateur de confiance. De plus, cette désintermédiation diminue les coûts et délais.

 

Comment ça marche ?


Les transactions sont groupées, enregistrées et scellées sous forme de «blocs» liés les uns aux autres par ordre chronologique, formant une «chaîne» de blocs ou suite de transactions.

Une forme de consensus doit être atteinte par les participants pour ajouter un nouveau «bloc» à la chaîne.

L’identité des participants est anonymisée et leurs actions signées grâce à des clés cryptographiques.


En résumé : C’est une base de données distribuée, infalsifiable, sur laquelle les informations sont soumises au contrôle des acteurs du réseau.


 

Avantages de la blockchain


Disponibilité

Chaque nœud du réseau distribué possédant la même version de la chaîne, si un nœud vient à disparaître le reste du réseau possède toujours une copie de la blockchain, devenant ainsi extrêmement résilient aux défaillances du réseau.


Intégrité

Les informations stockées dans les blocs sont quasiment infalsifiables ; modifier un bloc impacterait l’ensemble des blocs de la chaine. Un intrus qui souhaiterait falsifier une chaîne de blocs devra modifier simultanément la copie de l’ensemble des nœuds d’un réseau, ce qui l'obligerait à avoir des ressources considérables.


Confidentialité

Dans les blockchains publiques, les participants d’un réseau ont accès à l’intégralité de la chaîne et peuvent vérifier l’historique de vos transactions. Votre identité réelle est anonymisée pour l’ensemble du réseau via l’usage d'un chiffrement. Votre compte n’est pas représenté par un nom et un numéro de compte bancaire, mais par une paire de clés publique et privée. La clé publique vous identifie sur le réseau pour recevoir des fonds et la clé privée est celle dont vous avez besoin lorsque vous voulez envoyer des fonds.


Preuve

Dans une blockchain, il est très facile de remonter l’intégralité de la chaîne pour vérifier une transaction ; c’est ainsi une technologie parfaite pour tout ce qui a trait à la traçabilité. Toute transaction est signée par l'utilisateur ayant passé l'ordre, ce qui évite toute répudiation.

 

Pour ceux qui veulent en savoir un peu plus ...


Une blockchain publique est ouverte à tous et est semblable à un grand livre comptable public, anonyme, qu’on ne peut pas falsifier. Tout le monde est donc à même de le consulter librement et gratuitement.

Sous réserve de vous identifier grâce à une clé cryptographique, il vous est possible d’ajouter du contenu mais il est impossible d’en effacer ou de détruire la chaîne.

L'empreinte numérique de chaque bloc est calculée en fonction de son contenu. Le hashcode d'un bloc est reporté dans le bloc suivant, ce qui permet d'assurer le chaînage.

Les blocs sont chainés.

La blockchain choisit un mode pour valider ses blocs. Voici les 2 principaux modes utilisés :


Proof of Work ou preuve de travail : Dans le cas de la PoW, les 'mineurs' doivent résoudre un défi pour pouvoir valider le bloc. Le paramétrage du niveau de difficulté permet de régler le temps moyen de validation. Des fermes d'ordinateurs, grosses consommatrices en énergie, sont utilisées pour effectuer le minage ou 'mining'. Le vainqueur est rémunéré en cryptomonnaie.


Proof-of-Stake ou preuve d'enjeu. Dans le cas de la PoS, il y a un choix déterministe du validateur. On parle de forgeage ou 'minting' et il ne s’agit plus de 'mineurs' mais de 'forgerons'. Pour valider un bloc, le forgeron met en jeu - 'stake' - une certaine quantité d’argent. La rémunération se fait grâce aux frais de transactions associées.

La PoS est un millier de fois moins consommatrice en énergie que la PoW.


Processus de validation d'une transaction.
 
Le 5 cryptomonnaies les plus connues.
 

Principaux cas d’usage


La blockchain ne se limite pas aux seules cryptomonnaies. Trop souvent, on a tendance à uniquement l'associer au bitcoin.


On peut classer les blockchains en 3 grandes familles :


1 - Les blockchains d'infrastructures


Entrent dans cette famille :

• Les smart contracts ou "contrats intelligents"

• Les Dapps ou "applications décentralisées"


- Système de vote décentralisé

- Création de crypto-monnaies dérivées personnalisables 

- Registre de certifications

- Exécution automatique de contrats immuables, assurances, locations, ...

- Plateforme de levée de fonds

- Place de marché au fonctionnement décentralisé

- Base de donnée publique partagée sécurisée

- etc.

Exemples: Ethereum, NEO, IOTA, NEM, Waves, Lisk


Portail d’accès aux Dapps


2 - Les blockchains pour systèmes de paiement


Derrière le Bitcoin et autres "digital currencies" se cache une philosophie : Démocratiser le moyen de paiement, le rendre accessible à tous en réduisant le contrôle des banques et des états sur les citoyens.


Aujourd'hui, plus de 1.500 crypto-monnaies sont répertoriées.


Exemples: Bitcoin, Ripple, Bitcoin Cash, Litecoin, Dash, Monero


3 - Les blockchains à usages spécifiques


Ce type de blockchains a trait à des services particuliers. Elles sont liées à des applications décentralisées, les Dapps.

De nombreuses applications tentent de s'appuyer sur le potentiel de la technologie Blockchain pour créer des usages nouveaux. Bien qu'elle ne soit pas obligatoire à leur fonctionnement, la crypto-monnaie est utilisée pour subvenir à des systèmes économiques variés, en lien avec les services proposés. Pour cette catégorie, le token répond à une application spécifique. Il n'est pas rare de voir naître des applications, avec leurs propres unités d'échange, issues de blockchains d'infrastructures.

En d'autres termes : les blockchains d'infrastructures sont susceptibles de permettre la création de multiples monnaies appelées tokens.


Catégories : jeux, finance, médias, gouvernance, sécurité, propriété, stockage, identité, énergie, santé, assurance ...


Exemples: Sia, Storj, Augur, Golem, Civic, Iconomi, Steemit

 

CBDC / MDBC


CBDC = Central Bank Digital Currency.

MDBC = Monnaie Digitale de Banque Centrale - Equivalent français.

DCEP = Digital Currency Electronic Payment - Variante chinoise.


Le Bitcoin est du cash électronique qui, du fait de sa jeunesse, de sa faible capitalisation et de son indépendance, connaît une forte volatilité. Soumis à la loi de l’offre et de la demande, c’est un actif risqué du point de vue de l’investissement. Aussi, pour y remédier, certains ont été chercher de vieilles recettes éprouvées qui consiste à adosser un élément volatil à un autre réputé plus constant - à l’exemple de l’étalon-or.

Des stablecoins, autrement dit des cryptomonnaies stables, ont été créés pour contrer ce phénomène de yo-yo. Fruit d’une habile alliance entre deux vertus : la rapidité d’exécution des cryptomonnaies et la relative stabilité des monnaies fiduciaires.

Tether, émanation d’une plateforme d’échange de cryptos, est à ce jour le plus gros stablecoin. En théorie, 1 Tether vaut 1 dollar. En 2019, même s’il a dépassé le Bicoin en volume de transactions, il ne concerne néanmoins qu’une population marginale.

En revanche, si une entreprise comme Facebook avec ses 2,5 milliards d’utilisateurs se mettait à émettre son stablecoin, le changement d’échelle risquerait de faire mal.

Une libra menacerait directement la souveraineté monétaire des Etats – la monnaie est initialement une création sociale « spontanée » – qui se sont emparés du droit de battre monnaie.

 

Conclusion


Même si nous n'en sommes pas tous conscients, nous aurons de plus en plus de services qui vont nous être offerts en s'appuyant sur une désintermédiation rendue possible grâce à la blockchain. Dans notre quotidien, nous sommes très certainement déjà des utilisateurs de la blockchain sans le savoir ...

 

Glossaire informatique


Bloc

Un bloc est un fichier contenant toutes les transactions précédents sa création. Une fois le bloc "remplis", il est "scellé" et rattaché aux anciens blocs afin de former une chaîne. Pour le Bitcoin, un bloc est crée environ toutes les 10 minutes.


Cryptomonnaie

Monnaie électronique, échangeable en pair-à-pair, se basant sur des principes cryptographiques, la résolution d'un enjeu et des mécanismes d’incitation économique pour la validation des transactions et la génération de la monnaie elle-même.


Dapp prononcé [diː-æp] en anglais

Une application décentralisée est une application dont le fonctionnement est distribué et répliqué. Elle se base généralement sur un ou plusieurs smart contracts s'exécutant sur une ou plusieurs blockchains. La principale valeur ajoutée d'une Dapp est de rendre un service à ses utilisateurs sans jamais devoir passer par un tiers de confiance.


Défi / finance décentralisée

Réseau de financement basé sur la blockchain où chacun peut profiter de différents services et produits financiers sans organes de contrôle. Cela veut dire que n'importe quel utilisateur pourrait par exemple accéder à des prêts, sans aucune discrimination.


Forgeage / Minting

Processus permettant de résoudre un défi informatique imposé par une preuve d'enjeu / proof of Stake. Les validateurs sont des forgerons.


Halving

Le halving du bitcoin consiste à diviser la prime de minage de nouveaux blocs en deux, ce qui signifie que les mineurs reçoivent 50 % de bitcoins en moins pour vérifier les transactions. Les halvings de bitcoin sont programmés pour se produire une fois tous les 210 000 blocs - soit environ tous les quatre ans - jusqu’à ce que l'offre maximum de 21 millions de bitcoins ait été générée par le réseau.


Ledger

Registre enregistré et synchronisé sur un réseau d’ordinateurs, qui évolue par l’addition de nouvelles informations préalablement validées par le réseau et destinées à ne jamais être modifiées ou supprimées. Chaque nœud du réseau en a une copie.


Minage / Mining

Processus permettant de résoudre un défi informatique imposé par une preuve de travail / proof of work. Les validateurs sont des mineurs.


Récompense de bloc

Récompense reversée par la Blockchain lorsqu'un bloc est trouvé. Elle est programmée et ajustée dans le temps. Pour le Bitcoin par exemple, cette valeur était de 12,5 bitcoins par bloc et a été divisée par 2 lors du halving du Bitcoin en 2020. Elle est donc à 6,25 bitcoins par bloc, jusqu'au prochain halving.


Smart contract

Programme autonome qui, une fois démarré, exécute automatiquement des conditions inscrites dans la blockchain.

Pour déclencher son exécution, un smart contract se connecte à une base de données via l’intermédiaire d’un oracle qui est un service qui fait le lien entre le smart contract et le monde réel.


Token

Un token est un actif numérique émis et échangeable sur une blockchain.

Il peut être créé par tout internaute, il peut être transféré sur internet sans duplication en pair-à-pair - en d’autres mots, il peut être échangé à un autre acteur sans nécessiter l’intervention ou l’accord d’un tiers, et sans que l’émetteur n’en conserve un original - et il est personnalisé par son créateur, afin de pouvoir par exemple être utilisé dans une application décentralisée. Il peut ainsi représenter un droit d’usage d’un produit ou service blockchain ; un droit de vote, un droit d’auteur, un moyen de paiement ...


Wallet / porte-monnaie

Le porte-monnaie électronique est un espace de stockage numérique des jetons ou tokens que vous avez en votre possession. Vous pouvez soit détenir ce porte-monnaie électronique sur votre ordinateur ou déléguer son stockage à une plateforme.


Satoshi Nakamoto est le pseudonyme utilisé par la ou les personne(s) qui ont développé le bitcoin. En 2008, il a d'abord rédigé un livre blanc décrivant comment créer le bitcoin, avant de le déployer et le diffuser début 2009. L'amorce de la blockchain contient le titre d'un article du Times : 'The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks'.

Caustiquement, l'article souligne les dangers des mécanismes financiers utilisés par les banques.


Lien vers l'actualité des cryptomonnaies.

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