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  • Photo du rédacteurJC Duval

Sylvain Tesson

Ce matin-là, je l'ignorais encore : il ne s’agirait pas de parcourir un massif mais de se fondre dans une substance.

 

✧→ Tesson, une gueule cassée et un personnage qui tout dernièrement s'est retrouvé au cœur d'une escarmouche après la publication d'un manifeste visant à s'opposer à sa nomination comme parrain du Printemps des poètes.

✧→ Plus d'un millier de protagonistes appartenant au monde de la culture ont signé, considérant l'écrivain voyageur comme une 'icône réactionnaire'.

Et quand bien même, à quel titre les cosignataires de cette tribune peuvent-ils décréter que la diversité se limite aux seules idées qu'ils brandissent ? D'où la culture serait-elle réservée à une caste privilégiée et pourquoi devrait-elle se conformer à une orientation politique aussi bien-pensante soit-elle ? J'aime assez la défense apportée par Nicolas Mathieu, prix Goncourt 2018 et auteur de "Leurs enfants après eux", que l'on ne peut pas vraiment traiter de réac : "Le monde est assez détestable et le serait d'autant plus qu'on n'y admettrait pas d'autres horizons que le sien".


Alors la folle controverse au centre de laquelle se retrouve Tesson révèle que cette sorte d'interdit, voire de censure, à défaut d’intelligence, ne lorgne pas vraiment du bon coté de la lunette. Cette polémique se veut critique, mais reste avant tout indigente, partisane et se situe bien loin de la littérature.

 
L'esprit oublie vite les souffrances du corps. C'est le ressort de la vie : effacer et recommencer. La volonté est un fauve. Elle réclame sa part de viande : on rêve à un nouveau départ, aussitôt goûté le repos. Quand l'expérience commence à vous dissuader de repartir, c'est que vous avez vieilli.

Je conseille le livre Blanc de Tesson qui raconte son périple à ski à travers les Alpes : un peu plus de 80 jours répartis sur quatre hivers de 2018 à 2021, avec son ami et guide de haute montagne Daniel du Lac, rejoints par un ingénieur parisien que le hasard a mis sur leur chemin.


Tracé de la traversée des Alpes - Blanc

Tracé de la traversée des Alpes, de la Méditerranée à l'Adriatique


Cette expédition alpine qui débute à Menton et cherche à rejoindre Trieste tout au bord de la Slovénie, longe les frontières française, italienne, suisse et autrichienne, en basculant d'un coté ou de l'autre en fonction du versant.

Chaque petit chapitre raconte la vie du quotidien, forçant le lecteur à chausser les skis chaque matin.

Quand la pente dépassait 40° d’inclinaison, il fallait fixer des couteaux sous les skis, lames d’aluminium qui cramponnaient la neige. J’avais l’impression de rayer la porcelaine.

📗 A la lecture, j'ai beaucoup apprécié cette exploration hors du temps.

J'ai bien aimé, étape après étape, accompagner les voyageurs de ce livre. C’est plutôt bien écrit et c'est une transcription réussie, chargée de poésie et de profondeur, de l'excursion de ces évadés du monde, monde qui durant cette période, il ne faut pas l'oublier, s'est retrouvé encellulé à différentes reprises.


Tesson invité chez Labro

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