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GR34 - J10

Photo du rédacteur: JC Duval
JC Duval
12 sept.
3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 3 heures

Lannion - Plestin les grèves

☞ 29,5km, 650m D+

Samedi 12 septembre 2026

✧ Nous déjeunons à côté d'un piano à queue. La maîtresse de maison nous confie animer une chorale. Mais, chut… le soleil brille.


Nous dévalons la corniche de Lannion, passons par la supérette repérée la veille au soir, puis reprenons, tout en bas, la rive gauche du Léguer.


Sur les quais, des panneaux illustrés de photos anciennes retracent l’histoire de Lannion à l'époque où la ville était un port de cabotage. Au début du XIXe siècle, voguer sur le Léguer était une véritable épreuve pour les navires de commerce. Soumis aux marées, le cours d'eau déroule ses méandres jalonnés de bancs de sable mouvants. Certains navigateurs pouvaient mettre jusqu'à dix jours pour gagner Lannion. En 1825, les capitaines de flambarts, de gabares, de goélettes et autres navires sollicitent l'aménagement d'un chemin de halage. Les travaux s'échelonneront sur près de cinquante ans.


Le sentier suit au plus près le cours inférieur du fleuve. Nous progressons à l'ombre des frondaisons : châtaigniers, chênes, hêtres et autres feuillus nous protègent des éclats du soleil. De place en place, de profonds puits de lumière inondent d'ocre, les trouées qui percent la forêt. Isabelle me précède. Comme la nature est belle.


Nous débouchons sur le petit port du Yaudet. Il est surplombé par un piton rocheux où un ancien poste de douane servait à lutter contre la contrebande. Le promontoire est ceinturé par une fortification érigée à l'âge du Bronze, puis occupée ensuite par les Celtes et les Romains. Nous passons devant la fameuse "roche branlante", un énorme bloc de granit en équilibre. L'histoire locale raconte que le bloc a pivoté de quelques dizaines de degrés sur sa base, on ne sait trop quand, ni trop pourquoi. Alors, on est en droit de se demander où se cache Obélix.



Après avoir enjambé le Pont-Roux, le sentier épouse les contours de l'anse de la Vierge. Nous sommes cachés par les arbres, réapparaissant furtivement au-dessus des plages. Nous arrivons à l'ancien port sardinier de Locquémeau. La cale court encore loin sur l'estran et les bateaux reposent doucement sur la grève, simplement enchaînés à leurs amarres.

En nous échappant par le sud, nous nous retrouvons prisonniers de la lande, une lande sauvage, tapissée de fourrés et de fougères.

Les montées et descentes se succèdent sans discontinuer, alors qu'en dessous, les falaises s'effondrent dans un chaos qui se déverse dans la mer.


Alors que nous franchissons un sommet de côte, d'un coup, nous embrassons une immense mer de sable. Quel choc. Plusieurs kilomètres de plage s'étalent devant nos yeux. L'horizontalité prend brutalement le relais de la verticalité. La mer s'est retirée sur un bon kilomètre au moins et, tout au fond, un groupe de baigneurs court se jeter à l'eau.


Au "Petit-Michel", nous passons notre commande. Nous sommes devenus des drogués de la Plancoët, notre potion celtique…



Allez, il faut redémarrer. Le compteur affiche plus de vingt kilomètres et nous ne sommes pas arrivés. Je suis embêté que l'étape soit aussi longue, j'espère qu'Isabelle ne va pas trop souffrir.


La platitude qui nous entoure donnerait presque à penser que notre Terre ne tourne plus rond… Nous filons sur cette grande plage, chacun enfermé dans ses pensées, quand soudain, un ru se met en travers de notre chemin. Qu'à cela ne tienne… ce n'est qu'un simple filet d'eau.


Notre stratégie :

1. Repérer un bon endroit.

2. Prendre un bon appui sur le bord.

3. Sauter de l'autre côté.


Son application :

1. Nous avons repéré le bon endroit.

2. Je m'enfonce à mi-mollet.

3. Nous rejoignons la route.

4. J'essore mes chaussettes.

5. Nous passons par le pont.


Plus loin, rebelote, nous retombons sur un autre ruisseau. Chat échaudé craint l'eau froide.


C'est tout plat… mais c'est très long. Désormais, la plage n'a plus de secrets, il y a quatre kilomètres entre le bourg de Saint-Michel et celui de Saint-Efflam, la pointe du Rocher se dressant à mi-chemin.

C'est très beau… mais c'est trop long. Et dire que nous devons remonter à l'intérieur des terres.


'Remonter' est bel et bien le mot juste. La route n'arrête pas de grimper et on n’en voit pas la fin. On a la mauvaise impression d'avoir franchi le panneau d'entrée de Plestin-les-*rèves, il y a des kilomètres déjà, sans voir le moindre clocher à l'horizon.

Nous finissons, enfin, par rejoindre le centre du village où nous attend notre maison de "rêve".

Nous sommes bien rincés. Les druides ne sont pas cléments par ici. Je pense que nous allons arrêter la Plancoët…


 *  des petits plaisantins ont effacé le G


À chaque étape son post

 


Etape du jour : Lannion - Plestin les grèves

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