GR34 - J15

Dernière mise à jour : il y a 3 heures
Saint-Pol-de-Léon - Roscoff
☞ 17,8km, 175m D+
Jeudi 17 septembre 2026
Nous voilà partis pour notre dernière journée de marche. Heureux d'un côté, satisfaits d'avoir bouclé le parcours sans encombre. Et un peu tristes de l'autre, regrettant d'arriver au terme de notre balade.
En quittant Saint-Pol, le chemin traverse un parc qui accueille une exposition consacrée à un photographe originaire de Morlaix. Nous prenons le temps de contempler les panneaux disséminés de-ci de-là. Du haut du calvaire, situé au bout du parc, la vue embrasse toute la baie de Pempoul. La matinée ne s'annonce pas des plus ensoleillées. Le gris du ciel crée un joli camaïeu avec l’argent de la mer. Nous descendons jusqu'à la plage qui porte le nom de la sainte patronne de la Bretagne : Sainte-Anne.
Nous continuons au bord de l'eau avant de nous retrouver sur une petite route qui grimpe sur le plateau du Haut-Léon. Le parcours serpente au coeur d'un paysage agricole d'où la mer a disparu. Nous avançons au milieu des cultures, traversant de petits hameaux où il nous faut rester vigilants face à la circulation.
Roscoff, nous voilà ! Le ciel s'assombrit méchamment. Après avoir contourné le jardin exotique, nous grimpons sur un surplomb qui offre une vue plongeante sur le port de plaisance. Les catamarans amarrés aux pontons sont bien à l'abri derrière un enrochement monumental qui protège le bassin.
Nous le sentions venir depuis le début de la matinée, mais là, le vent se lève et la pluie se met à tomber… Le temps s'embernaudit et il se met à dracher… comme disent les gars du coin. Il est midi, l'heure idéale pour aller se mettre à l'abri dans la première crêperie du port.
Bercés par le crépitement de la pluie qui vient cingler la vitre, nous dévorons goulûment nos 'Galettes-Plancoët'. Par Toutatis ! Nous virons Breton…

Lorsque nous ressortons, le ciel s'est dépouillé de sa grisaille pour revêtir son habit bleu. Le bord de mer est vraiment surprenant ; la pluie peut repartir aussi vite qu'elle est arrivée. Nous longeons les parkings de la gare, laquelle assure les liaisons avec l'Irlande et l'Angleterre. Un ferry est d'ailleurs à quai, en attente de l'embarquement de ses passagers. Nous quittons la zone portuaire pour nous diriger vers la minuscule chapelle Sainte-Barbe, juchée sur un rocher à la pointe de Bloscon. Elle fut un repère pour les marins d'autrefois tout autant qu'une gardienne contre les pirates.
Depuis notre promontoire, nous avons une vue sur l'estacade, cette passerelle piétonne de plus de cinq cents mètres de long qui s'avance dans la mer. Elle permet d’aller prendre les navettes assurant la liaison avec l'île de Batz, juste en face. Cet été, Daphné avait été invitée sur ce petit bout de terre, au mariage d'une de ses amies.
Nous traversons le centre de Roscoff pour rejoindre l'hôtel des Tamaris situé sur la façade ouest de la ville. Nous passons devant la sation biologique du CNRS.
Nous profitons de cette fin d'après-midi pour visiter la ville. Le centre se déploie depuis la place triangulaire située aux abords de l'église. Ici, les maisons ont des murs lourds et épais. De vilains petits monstres accrochés au granit protègent les ouvertures des fenêtres. Les portes sont minuscules, tellement petites qu'il est impossible à Isabelle de franchir le seuil sans se baisser, c'est vous dire.

Tandis que les rues se remplissent de touristes, nous nous dirigeons vers le vieux port et ses plages. Un panneau nous apprend que c'est justement sur ces plages qu'à l'âge de cinq ans, Marie Stuart a débarqué en France. Elle sera élevée au rang de reine de France, mais pour peu de temps, hélas ; François II, à la santé fragile, s'éteindra très jeune. Marie repartira en Écosse pour y régner, avant qu'un long conflit avec Élisabeth d'Angleterre ne l'envoie sur l'échafaud bien des années plus tard.
Nous poussons la balade jusqu'au bout de l'estacade aperçue tout à l'heure. Batz est toute proche, la traversée ne dure qu'un petit quart d'heure. Le tour de l'île fait une dizaine de kilomètres et on ne peut y circuler qu'à pied ou à vélo. Aujourd'hui, l'île compte moins de cinq cents habitants.
En revenant par le centre de Roscoff, un goéland perché sur le bord d'un toit nous fait son cinéma. Ce drôle d'oiseau semble s'esclaffer devant les enfants et leurs parents, le nez en l'air.
Nous le saluons et, stoïques, rejoignons notre hôtel.
À chaque étape son post
Etape du jour : Saint-Pol-de-Léon - Roscoff
Proverbe breton : "En Bretagne, il fait beau plusieurs fois par jour !"




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