GR34 - J14

Dernière mise à jour : il y a 3 heures
Carantec - Saint-Pol-de-Léon
☞ 17,8km, 350m D+
Mercredi 16 septembre 2026
✧ Nous repartons vers la crique de la Chaise du Curé afin de rejoindre le sentier. La mer est haute, tout comme hier soir, mais l'ambiance est tout autre. Au gré des heures, la lumière change et un même paysage peut prendre des teintes bien particulières. Ce matin, le soleil inonde le cap qui barre la baie de Morlaix, enflammant le fort du Taureau.

Nous continuons sur le bord des jardins côtiers, abrités derrière les haies qui protègent du large. Nous descendons sur le sable de la Grève Blanche pour dépasser la pointe qui fait face à l'île de Callot - une pointe protégée par une enceinte gorgée de soleil. Un bouquet de pins parasols s'incline pour nous saluer.
En doublant le petit éperon rocheux, nous arrivons sur une passe qui permet de rejoindre l'île de Callot, mais à cette heure-ci le chemin est submergé. Pour emprunter ce cordon ombilical long de quelques centaines de mètres, les îliens tout comme les continentaux sont priés d'attendre la marée basse ou alors de prendre la mer.
Nous voilà au bord de la baie de Penzé, sur la façade occidentale de Carantec. La route longe les ateliers de mareyage où sont conditionnés huîtres, crustacés et coquillages destinés aux étals des marchés ou aux restaurateurs.
Nous passons tout à côté de l'ancien chantier naval d'Ernest Sibiril - celui-là même dont nous évoquions la mémoire hier au Musée de la Marine.
Nous nous enfonçons dans des plaines sans ombre ni relief qui se fondent dans la platitude silencieuse de la baie.
Nous sommes prisonniers du plat pays.

Nous retrouvons notre liberté en nous échappant par le pont de la Corde qui enjambe la Penzé, à l'endroit même où ses eaux se déversent dans la baie.
Mais notre évasion n'est que de courte durée ; de l'autre coté de la baie, nous retombons très vite sur d'autres plaines. A peine les chemins se rapprochent-ils de la baie qu'aussitôt ils s'en éloignent.
Nous sombrons dans la monotonie… Alors, est-ce dû à l'environnement lui-même ou simplement à la lassitude ? Le relief joue certainement sur notre état d'esprit. Les paysages d’ici comparés à ceux de Perros par exemple, sont fort différents. Nous sommes tout rapla… plat.
Il semble qu'enfin le sentier dit côtier veuille bien rester cantonné au bord de la baie. Nous approchons doucement de Saint-Pol-de-Léon qui, comme son nom l'indique, se situe dans le Léon ou plus précisément le Haut-Léon. Bordée à l'est par le Trégor et par les monts d'Arrée au sud, cette partie du Finistère est le véritable grenier à légumes et à fleurs de la Bretagne.
Le sentier traverse une anse ceinturée par le grand mur du parc du château de Kernévez, un château néo-classique du milieu du XIXe siècle.
Nous remontons vers Saint-Pol.
Nous nous débarrassons de nos sacs à l'hôtel de la mairie - qui ne se trouve pas être du tout à coté de la mairie - et retournons dans le centre déguster la Plancoët-menthe locale.
Ce soir, nous dînons au "Restaurant de la Gare" qui ne peut pas mieux porter son nom : il se trouve carrément dans la gare, la ligne Morlaix-Roscoff ayant été fermée en 2018. Nous prenons place dans la grande salle d'attente, où trône l'ancien pèse-personne qui, contre une petite pièce de monnaie, donnait le poids de celui ou celle qui montait sur la balance. Je me souviens du temps où, gamin, je récupérais tout fièrement mon ticket de pesée illustré d'une locomotive ou d'une voiture ancienne.

✧ Sagement installés devant le tableau d’affichage, nous attendons l'arrivée du service de 19 h 55.
À chaque étape son post
Etape du jour : Carantec - Saint-Pol-de-Léon
La crêpière bretonne : "Je fais genre tout va bien, c'est dimanche, la chandeleur et tout ça… mais en fait, j'ai plus de beurre salé!"




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